Lutte contre les violences conjugales

Roue du pouvoir et du contrôle

La roue du pouvoir et du contrôle, c’est l’image de la violence conjugale en pièces détachées. À la circonférence, il y a le visible, qui attaque le corps de la femme, ce dont les amis-ies, les voisins-ines peuvent être témoins. Puis se déployant vers le centre, il y a la violence qui se vit à l’intérieur, moins apparente, qui se manifeste par des gestes, mais aussi par des regard et menaces. Au centre, enfin, il y a le noyau même du contrôle, ce que veut l’homme violent, ce que devient la femme violentée.

Isolement :

Contrôler ce qu’elle fait, qui elle voit, avec qui elle parle, et où elle va. Dénigrer ses relations ou lui interdire de fréquenter sa famille ou ses amis.

Agression économique :

L’empêcher de conserver un emploi, la rendre financièrement dépendante, la forcer à s’endetter, exiger d’elle une allocation, lui voler son argent.

Intimidation :

Lui faire peur par le regard ou le geste, en élevant la voix ou en détruisant des objets auxquels elle tient. Crier à propos de tout et de rien à la maison.

Agression émotionnelle :

La rabaisser, la dévaloriser dans l’intimité comme devant les autres, lui « crier des noms », lui faire croire qu’elle est folle.

Machisme :

La traiter comme une servante, prendre toutes les décisions, agir comme le maître de la maison.

Menaces :

La menacer de prendre les enfants, de se suicider ou de la dénoncer à l’Aide sociale.

Agression sexuelle :

La traiter comme un objet sexuel, attaquer physiquement ses parties sexuelles, la prendre de force.

Chantage aux enfants :

La culpabiliser au sujet des enfants , utiliser ceux-ci comme messagers et, en cas de séparation, profiter du droit de visite pour la harceler.

Vous en avez peut être entendu parler, peut être aussi dans votre famille elle est présente !

Dans cet espace étudions les formes multiples des violence conjugales et de leurs conséquences : Dévalorisation ou humiliation, relations sexuelles de force, des scènes de jalousie, des coups, puis il regrette et demande de lui pardonner pour repartir à zéro…

La violence conjugale est l’utilisation délibérée et récurrente de plusieurs de ces formes de violence.

La victime est toujours la même personne (selon la Commission Européenne et Canadienne), la femme en est la victime dans 98 % des cas).

Ces comportements violents sont utilisés par l’agresseur dans un but de contrôle et de domination.

La violence physique :

La violence physique correspond aux atteintes physiques au corps :

taper, frapper, empoigner, donner des coups de pied ou de poings, donner des claques, frapper avec un objet; tirer les cheveux, brûler, pincer, électrocuter, cracher, jeter par la fenêtre ou dans un escalier; séquestrer, empêcher de sortir ou de fuir; taper la tête contre un mur, déchirer des vêtements, étouffer, tenir la tête sous l’eau; étrangler, tirer avec un pistolet, poignarder, tuer.

La violence verbale :

Elle s’associe aux autres formes de violence, et est permanente. Il ne s’agit pas de disputes entre conjoints, elle s’exprime dans un rapport inégalitaire.

Cette forme de violence est considérée comme relevant de la violence conjugale parce qu’elle est utilisée par l’agresseur pour contrôler et détruire sa conjointe.

Quelque soit le ton utilisé, l’agresseur envoie un message à la victime :

crier, utiliser un ton brusque et autoritaire pour demander un service, faire des injonctions;

interrompre sans cesse l’autre ou lui reprocher de parler, de se taire, de faire ce qu’il n’aime pas;

diriger la conversation, ne pas écouter ce que dit l’autre.

La violence psychologique :

Il s’agit de comportements ou propos méprisants dénigrants les opinions, les valeurs, les actions de la femme et portant atteinte à son intégrité psychique :

des insultes;

des remarques vexantes, des critiques permanentes sur ses pensées ou ses actes;

un comportement de l’agresseur qui se présente comme celui qui sait tout, qui dicte ce qu’il faut faire, qui fait passer la femme pour folle;

des chantages : en utilisant les sentiments, les enfants;

des menaces : de représailles, de suicide, de viol, de prendre le droit de garde des enfants, d’être violent.

La violence économique :

Elle est utilisée comme moyen de contrôle permanent de la victime et s’associe à d’autres comportements agressifs et destructeurs. Il s’agit du contrôle économique ou professionnel.

empêcher de travailler, dévaloriser le travail de l’autre;

considérer le salaire de l’autre comme secondaire;

empêcher d’avoir accès à l’argent du couple, d’avoir un carnet de chèques ou une carte bancaire, distribuer parcimonieusement l’argent pour le ménage, vérifier toutes les dépenses de la femme;

obliger à démissionner ou changer de type de travail ou à verser son salaire sur le compte de l’homme.

La violence sexuelle :

contrainte à la sexualité ou une insatisfaction de la vie sexuelle;

actes d’agression;

être insultée, humiliée ou brutalisée pendant un rapport sexuel;

être prise de force, être ligotée de force pendant un rapport sexuel;

être pénétrée de force dans l’anus, être pénétrée de force avec un objet;

être violée après avoir été battue ou injuriée;

être forcée d’agir selon les fantasmes sexuels du conjoint;

être obligée de reproduire des scènes pornographiques;

être “prêtée” à un ami pour un rapport sexuel;

L’agresseur :

Il s’adapte et élabore des stratégies en fonction des réactions de sa partenaire.

Négation des faits : il nie la violence elle-même ou sa gravité.

Déresponsabilisation et transfert de la responsabilité : Il est pourtant totalement responsable de ses agissements. Son comportement violent n’est pas une perte de contrôle mais bien sa façon d’exercer une domination et le contrôle de sa femme. Il utilise la violence parce qu’il ne supporte pas la contradiction.

S’il fait passer la violence physique pour un ou des accidents, les autres formes de violence plus insidieuses et permanentes qu’ils utilisent aussi (économique, psychologique, verbale) sont une des preuves que ses agissements ne sont pas ponctuels.

L’homme violent se trouve toutes sortes d’excuses pour expliquer son comportement. Il en attribue la responsabilité à sa femme et utilise n’importe quel prétexte pour justifier sa violence (la salière n’est pas placée au bon endroit, elle a dit bonjour au voisin, il a eu une contrariété au travail, il a bu et a perdu le contrôle de ses nerfs).

La victime :

Il n’y a pas de profil type de femme maltraitée ni de réaction type.

Négation de la violence : elle refuse d’admettre qu’il y a un problème et considère les scènes de violence comme des accidents.

Culpabilité :

ayant appris à se conformer à son rôle de dévouement et de compréhension, elle cherche d’abord à comprendre pourquoi elle est victime de ces violences, ce qu’elle a fait pour mériter ça. Elle se croit responsable et se sent coupable. C’est un moyen de se dire qu’elle peut changer les choses. De plus, son partenaire lui dit que « c’est elle la coupable » et se déresponsabilise ainsi, son entourage (famille, amis, institutions, professionnels) lui dit parfois aussi qu’elle est responsable. Les femmes qui ont été victimes de violence dans l’enfance se culpabilise plus vite.

Emprise :

Si elle reste sous l’emprise de son agresseur, ce n’est pas parce qu’elle aime ça mais parce qu’elle est prise au piège. Elle vit dans la peur, est dévalorisée par l’agresseur et parfois par son entourage. Du fait de son isolement, elle se sent abandonnée et se croit incapable de s’en sortir. Elle a du mal à réaliser que la situation ne changera que si elle part. Plusieurs raisons font qu’elle reste sous l’emprise de l’homme :

Elle a perdu toute estime de soi;

Elle a aimé ou aime encore cet homme;

Elle pense pouvoir changer la situation et modifier le comportement de son conjoint;

Elle ne veut pas priver les enfants de leur père et veut préserver l’unité familiale;

Elle subit des pressions extérieures et/ou la réprobation de son entourage;

Elle est isolée et a très peu d’opportunités pour trouver de l’aide;

Elle a peur de la misère et des obstacles matériels à surmonter (hébergement, emploi, nouveau logement);

Elle n’a pas les ressources physiques et psychologiques nécessaires pour entreprendre des démarches ;

Elle est menacée et a peur des représailles sur elle-même ou ses enfants;

Elle méconnaît ses droits et se montre réticente à affronter les institutions et l’appareil judiciaire.

Elle reste et tente de se conformer aux attentes de son mari pour éviter de nouveaux accès de violence.

Prise de conscience et engagement dans une nouvelle vie :

Lorsqu’elle comprend que son conjoint ne changera pas, elle peut prendre la décision de bâtir une nouvelle vie :

Si elle ne peut pas partir, elle peut tenter de renverser le rapport de force et mettre en place des stratégies.

Elle peut partir pour bâtir une nouvelle vie. Parfois le départ du domicile est la seule issue face au danger.

Pour rompre le processus de violence il faut que la victime en comprenne les mécanismes. Si c’est l’homme qui enclenche la violence, c’est malheureusement souvent à la femme de fuir pour la stopper

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